À la pointe la plus septentrionale de Cantabrie, là où le Cabo de Ajo plonge dans le Cantabrique avec près de soixante-dix mètres de dénivelé, se dresse un phare qui n'est plus blanc depuis six ans. Le Faro de Ajo, sur la commune de Bareyo, est aujourd'hui une mosaïque de triangles et de spirales colorées signée par l'artiste Okuda San Miguel, et probablement le monument le plus photographié de toute la côte orientale de Cantabrie.
Pas besoin d'être pèlerin ni randonneur aguerri pour y arriver. L'accès se fait par une balade plate d'un peu plus d'une demi-heure, adaptée aux enfants comme à ceux qui veulent juste une photo rapide avant de retourner à la plage. Mais le phare mérite plus qu'un arrêt de cinq minutes : le domaine de seize hectares qui l'entoure, la vue sur la ría de Ajo et la grotte marine au pied de la falaise suffisent à occuper toute une après-midi.
Bareyo a sa plage, son Chemin de Saint-Jacques, et depuis 2020, ceci : une icône visuelle qui rivalise en photos avec n'importe quel phare peint de Grèce ou du Portugal, à cinq minutes en voiture du centre de la commune.
Où il se trouve et comment y aller
Le Faro de Ajo se dresse sur le Cabo de Ajo, le point géographique le plus au nord de Cantabrie, sur la commune de Bareyo, à peine cinq minutes en voiture du village d'Ajo. Depuis Santander, comptez environ 40 kilomètres par l'A-8 et la CA-141 ; depuis Bilbao, un peu plus de 80.
Le plus simple est de laisser la voiture au parking de l'Ojerada de Ajo, sur la route qui part d'Ajo vers le cap, puis de suivre le sentier balisé à pied. Rien de compliqué : le phare est visible depuis le parking sur les portions dégagées, et le chemin ne prête pas à confusion. L'Ayuntamiento de Bareyo tient à jour les informations d'accès et les horaires sur son site touristique.

D'un phare de guerre à la toile d'Okuda San Miguel
Le phare d'origine a été construit en 1930, après que trois naufrages consécutifs sur les récifs du cap ont convaincu les autorités que la zone avait besoin d'un signal puissant. Résultat : une tour d'une portée de 15 milles nautiques, avec un feu caractéristique à trois occultations groupées, plantée sur une falaise de 63 mètres qui plonge directement dans le Cantabrique.
Pendant quatre-vingt-dix ans, il est resté blanc, comme n'importe quel phare. En 2020, le peintre cantabre Óscar San Miguel, connu internationalement sous le nom d'Okuda, l'a transformé en l'une de ses œuvres géométriques caractéristiques : des triangles aux couleurs saturées qui enveloppent la tour de haut en bas. L'intervention est conçue pour durer huit ans ; à partir de 2028, le phare devrait retrouver son blanc d'origine — qui veut le voir peint dispose donc d'une fenêtre limitée.
La balade jusqu'au phare et à la grotte de l'Ojerada
Du parking de l'Ojerada jusqu'au phare et à la grotte voisine de l'Ojerada, comptez environ 2,9 kilomètres aller-retour sur des passerelles en bois qui traversent la prairie côtière sans empiéter sur le terrain protégé. La balade se fait en un peu plus d'une heure, sans dénivelé compliqué : le tronçon le plus exigeant est le dernier, jusqu'au belvédère du cap, avec vue sur la ría de Ajo et, par temps clair, sur la cordillère cantabrique au loin.
La grotte de l'Ojerada est une cavité marine au pied de la falaise, visitable à marée basse. Ce n'est pas une grotte touristique avec passerelles ni éclairage, mais un antre naturel — mieux vaut consulter les horaires des marées avant d'y descendre ; elle récompense ceux qui s'organisent avec l'une des vues les moins vues du secteur.
Ce qu'il faut savoir
- Horaires en été et week-ends prolongés : tous les jours de 11h à 14h et de 16h à 21h
- Le reste de l'année : samedis, dimanches et jours fériés de 10h à 14h
- Entrée sur le site : gratuite ; l'intérieur du phare ne se visite pas
- Distance depuis Bareyo : environ 5 minutes en voiture jusqu'au parking de l'Ojerada
- Balade à pied : 2,9 km aller-retour, sans difficulté, adaptée aux enfants
- Grotte de l'Ojerada : accessible uniquement à marée basse, vérifiez les horaires des marées avant d'y aller
- Meilleur moment pour les photos : fin d'après-midi, avec une lumière rasante sur la fresque
- La fresque d'Okuda a une date de péremption : elle est prévue pour durer jusqu'en 2028
Trois naufrages ont suffi en 1930 pour ériger un phare. Quatre-vingt-dix ans plus tard, un peintre cantabre a suffi pour en faire l'image la plus partagée de toute la côte de Bareyo.
Le Faro de Ajo résume bien ce que propose ce coin de Cantabrie : un élément fonctionnel, qui continue de guider les bateaux chaque nuit, transformé en quelque chose qui touche aussi ceux qui n'ont aucun intérêt pour la navigation. C'est en plus le genre de sortie qui ne demande aucune organisation : ça se fait en une matinée, ça se combine avec la plage d'Ajo ou un tronçon du Chemin de Saint-Jacques du Nord, et ça ne coûte pas un euro.
Depuis Bareyo Residences, le phare n'est qu'à une courte balade en voiture — une de ces choses qui, une fois qu'on y vit, cessent d'être une excursion pour devenir simplement partie du paysage de chaque semaine. Les villas seront disponibles à la réservation à partir de septembre 2027.


