Les coins les plus instagrammables de Cantabrie associent une géologie spectaculaire et de la couleur : la fresque du phare d'Ajo, les arches rocheuses de la Costa Quebrada, les bufones d'Ubiarco, El Capricho de Gaudí à Comillas et les dunes d'Oyambre avec les Picos de Europa en toile de fond composent cette liste de dix endroits pour la photo parfaite.

Instagrammable, ce n'est pas juste joli : c'est un lieu où la lumière, la forme ou la couleur suffisent à faire fonctionner une photo, sans trépied ni retouche. La Cantabrie compte des kilomètres de plages et des villages pleins de charme, mais cette liste ne retient que les endroits où ce facteur visuel saute aux yeux — arches de pierre, fresques murales, dunes avec des montagnes enneigées en arrière-plan — en laissant de côté les lieux jolis sur le papier mais moins photogéniques en composition.

Vista aérea de la costa cántabra con acantilados y mar Cantábrico, luz dorada de atardecer

Pour construire cette liste, nous avons passé chaque endroit au crible : accès public et gratuit, ou billet nécessaire. Nous les avons classés du plus proche au plus éloigné de Bareyo, en commençant sur la côte de Trasmiera elle-même et en terminant à l'intérieur des terres, à la source du fleuve Asón. Aucun des dix ne demande un objectif professionnel — tous fonctionnent avec l'appareil photo du téléphone, à condition d'arriver au bon moment de la journée pour la lumière.

Le phare d'Ajo, la fresque d'Okuda

À Bareyo, à quelques minutes de n'importe quel point de la côte orientale, le phare d'Ajo a cessé d'être un simple point lumineux en août 2020, quand l'artiste Okuda San Miguel l'a entièrement recouvert de plus de 100 couleurs dans son style géométrique et kaléidoscopique, au sein de la série « Cantabria Infinita ». La tour, haute de 63 mètres, représente quatre animaux emblématiques de Cantabrie — vautour, ours, loup et chamois — fragmentés dans un motif qui ne se comprend que de près. La photo qui fonctionne n'est pas celle du phare entier vu de loin, mais le plan en contre-plongée juste en dessous, en regardant vers le haut : la couleur sature l'image et le ciel sert de fond neutre. Ni billet ni horaire requis, même si la lumière de fin d'après-midi fait davantage ressortir l'éclat de la peinture.

Fachada del Faro de Ajo pintado por Okuda San Miguel, plano contrapicado del mosaico geométrico de colores

La porte du Cantabrique, aux Urros de Liencres

À moins d'une heure de Bareyo, dans la Costa Quebrada de Piélagos, l'un des urros — ces rochers que l'érosion a détachés de la côte — possède une arche naturelle qui traverse la roche de part en part. On y accède par un court sentier depuis la plage de l'Arnía, et c'est, des dix photos de cette liste, la plus facile à réussir à coup sûr : il suffit de se placer à l'intérieur de l'arche et de viser la mer ouverte, en utilisant la roche comme cadre naturel. Lieu public, sans billet ni horaire, mais mieux vaut y aller à marée basse pour s'approcher sans difficulté.

Arco natural de piedra de los Urros de Liencres enmarcando el mar Cantábrico al fondo

La plage de Covachos, la plage qui disparaît

À deux pas des Urros, la plage de Covachos se relie à l'Isla de Castro par une langue de sable — un tombolo — qui n'apparaît qu'à marée basse ; à marée haute, le passage est recouvert d'eau et la plage semble coupée en deux. L'effet est littéral : la même photo prise le matin et l'après-midi peut montrer deux paysages complètement différents. L'accès se fait par un sentier de falaise avec des marches et quelques cordes d'appui, mieux vaut donc des chaussures fermées et vérifier la marée avant de descendre.

Tómbolo de arena de la Playa de Covachos uniendo la playa con la Isla de Castro en marea baja

La plage de l'Arnía, la plateforme de marée

À quelques mètres des Urros, la plage de l'Arnía possède une plateforme calcaire vieille de plus de 90 millions d'années, avec de longues mares de marée — les « fallarones » — qui font office de miroirs d'eau au premier plan. C'est la photo grand angle par excellence de la Costa Quebrada : la roche plate occupant la moitié inférieure du cadre, les îlots en arrière-plan, et le reflet du ciel dans les mares si la marée est basse et la mer calme. Lieu public et gratuit, sans autre limite que celle imposée par la marée elle-même.

Plataforma rocosa con charcos de marea de la Playa de la Arnía y los islotes al fondo, luz de atardecer

La plage de Portío, la crique entre les falaises

La plage de Portío referme le trio de la Costa Quebrada : la plus petite et la plus intime des trois — à peine 150 mètres de sable — nichée entre des parois rocheuses presque verticales. Ici, la photo qui fonctionne n'est pas le grand angle mais le format vertical, avec les falaises encadrant la mer comme un couloir naturel ; au coucher du soleil, quand la lumière rasante s'engouffre par cette ouverture, le contraste entre la roche sombre et l'eau illuminée est ce qui rend ces images virales. Plage sans services ni surveillance, mieux vaut éviter les heures centrales de la journée en août.

Cala estrecha de la Playa de Portío encajada entre acantilados, marea baja

Les bufones d'Ubiarco, les geysers de la côte

À Ubiarco, près de Santillana del Mar, la côte cache des cheminées karstiques — les bufones — par lesquelles la mer, quand la houle est forte, jaillit à plusieurs mètres de hauteur entre les rochers. Ce n'est pas un spectacle garanti : il faut de la houle de fond, mieux vaut donc consulter les prévisions de houle avant de s'y rendre. Quand ça fonctionne, la photo la plus impressionnante capte le jet d'eau à son point le plus haut, juste avant de retomber, avec la côte verdoyante en arrière-plan. Accès libre par le sentier près de l'Ermita de Santa Justa, sans horaire ni billet.

Surtidor de agua salpicando por un bufón en los acantilados de Ubiarco

El Capricho de Gaudí, à Comillas

Le seul bâtiment qu'Antoni Gaudí ait construit en Cantabrie est aussi l'un des plus photographiés : une villa de villégiature de 1885 recouverte de céramiques à motif de tournesol, en vert, ocre et rouge, couronnée d'une tour-minaret mêlant fer forgé et pierre. L'image qui revient sans cesse est le plan en contre-plongée de la tour, avec la mosaïque florale occupant tout le cadre et le jardin en arrière-plan vert. Contrairement aux lieux précédents, un billet est nécessaire ici, et cela vaut la peine de passer aussi par le jardin, d'où l'on obtient les angles les plus nets, sans personne qui traverse le cadre.

Torre de mosaico de cerámica de El Capricho de Gaudí en Comillas, con motivo de girasoles

Le Palacio de Sobrellano, la silhouette néogothique

À deux pas d'El Capricho, le Palacio de Sobrellano a été construit dans la même décennie pour la même famille — les marquis de Comillas — mais dans un style totalement différent : néogothique, avec des tourelles et une chapelle-panthéon attenante ornée de sculptures modernistes. La photo qui distingue ce lieu d'un palais quelconque est la silhouette complète depuis le jardin en contrebas, avec l'Universidad Pontificia qui se dessine derrière sur la colline — deux bâtiments monumentaux dans un même cadre, ce qui ne se retrouve nulle part ailleurs dans cette liste.

Fachada neogótica del Palacio de Sobrellano en Comillas con la Universidad Pontificia al fondo

La plage d'Oyambre, des dunes avec les Picos de Europa en arrière-plan

Entre San Vicente de la Barquera et Comillas, la plage d'Oyambre est la seule de cette liste où la mer et la haute montagne entrent dans le même cadre : par temps clair, depuis la Duna de la Rabia ou l'extrémité est de la plage, on aperçoit la sierra enneigée des Picos de Europa se dessiner derrière l'eau. C'est une image qui ne se produit que quelques mois par an — avec de la neige sur les sommets, entre l'automne et le printemps — et qui est plus belle au lever ou au coucher du soleil, quand la lumière rasante accentue le contraste entre les dunes dorées et le bleu de la mer. Cette plage fait partie du parc naturel du même nom, un accès libre et jamais bondé, même en août.

Dunas de la Playa de Oyambre con los Picos de Europa nevados al fondo, luz de amanecer

La source de l'Asón, la cascade de l'intérieur

Le seul point de cette liste qui s'éloigne de la côte : dans le Parque Natural Collados del Asón, à Soba, le fleuve Asón jaillit brusquement dans une cascade de 70 mètres, la plus haute de Cantabrie. On y accède par le sentier PR-S14 depuis le village d'Asón, environ 7-8 km aller-retour avec un dénivelé abordable, adapté à toute la famille, à l'exception d'un ou deux passages de ruisseau qui peuvent mouiller les chaussures. La photo est meilleure après plusieurs jours de pluie, quand le débit est plus important et que l'eau tombe avec plus de force sur la roche couverte de mousse — en été sec, le débit baisse beaucoup, mieux vaut donc vérifier les pluies récentes avant de s'y rendre uniquement pour la photo.

Cascada del Nacimiento del Asón cayendo entre la vegetación del Parque Natural Collados del Asón

Ce qu'il faut savoir

Sur ces dix lieux instagrammables de Cantabrie, sept sont en accès libre et sans horaire — ils dépendent uniquement de la marée ou de l'état de la mer — et trois nécessitent un billet : El Capricho de Gaudí (7 € ou 10 € avec audioguide) et le Palacio de Sobrellano (3 €), tous deux à Comillas. La marée conditionne directement la photo à Covachos, à l'Arnía et aux Urros de Liencres — mieux vaut consulter la table des marées avant de partir, car à marée haute, l'effet qui rend ces images virales disparaît sous l'eau. Pour les bufones d'Ubiarco, il faut en plus une houle de fond, ce n'est donc pas une sortie pour les jours de mer calme. Presque tous ces lieux se trouvent à moins d'une heure de route de Bareyo, sauf la source de l'Asón, déjà à l'intérieur des terres.

La meilleure photo de Cantabrie ne se prend presque jamais à l'heure de plus forte affluence — elle se prend à marée basse, en lumière rasante ou par mer agitée.

Beaucoup de ces coins — les Urros, l'Arnía, Covachos — sont à deux pas des plages les plus connues de la Costa Quebrada, on peut donc facilement les combiner avec une journée de plage sans presque dévier de sa route. Pour qui veut continuer à chercher des angles pleins de charme dans le coin, nous avons aussi un guide des points de vue près de Bareyo qui ajoute d'autres perspectives à cette liste. Et pour qui cherche une base fixe d'où partir chaque jour à la recherche de la prochaine photo sans perdre de temps sur la route, les villas de Bareyo Residences ouvriront leur première saison complète en septembre 2027.